René Girard est l’un des auteurs, avec Raymund Schwager, qui nous ont permis de comprendre une des erreurs intellectuelles les plus fréquemment commises par les intellectuels, les journalistes et les opinions contemporaines. Cette erreur consiste à parler en opposant la laïcité et la religion comme deux phénomènes incompatibles entre eux. Au contraire, la laïcité sort du religieux. Si on ne voit pas bien cela, ont se condamne à se perdre dans les faux débats qui agitent notre époque sur le voile, l’islam, l’intégrisme, le rôle de l’église dans la république.
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République et sexualité
Dans ce post, on parle de la sexualité. C’est la sexualité porteuse de violence. C’est la sexualité comme un cas particulier de la violence et du problème que cette violence pose à tout ordre social, famille, entreprise, société primitive et aujourd’hui en Occident. René Girard nous permet de comprendre que contrairement à l’idée généralement répandue, la religion ne s’oppose pas à la république. La république est seulement la solution politique d’un problème révélé par le religieux.
Créer l’humanité c’est républicain dans le sens où c’est rendre la sexualité indépendante de l’ordre social. En exagérant pour être plus clair, ça veut dire que ma femme peut aller voir qui elle veut et que les filles de joies seront bientôt remboursées par la sécurité sociale. Que mes enfants ont des mères différentes et que le problème est administratif avant d’être moral. Voilà comment se manifeste l’indépendance de l’Ordre et de la sexualité. L’ordre, dans la république, c’est de la gestion, du management. J’exagère, bien sûr, mais c’est pour être clair.
L’humanisme, l’humanité consiste à dire que l’homme existe et échappe au destin des espèces animales. Le destin de ces espèces est gouverné par la reproduction. C’est le sens que nous donnons au mot sexualité.
Les végétaux se déplacent dans l’espace en se reproduisant. L’animal se déplace dans le temps par le même moyen. L’humanité, avec la république, créé le citoyen, l’individu. La reproduction ne lui sert pas à se déplacer dans l’espace et le temps.
La mobilité sociale est un nouvel espace qui demande que les contraintes de la sexualité soient dépassées.
Les contraintes sexuelles fixent les règles de la mobilité dans l’espace, dans le temps et dans le social. On ne va pas n’importe où, c’est l’espace. On se reproduit pour se perpétuer, c’est l’espèce et le temps. On ne va pas avec n’importe qui, c’est le social. C’est trois types différents de mobilité.
La république dit que la famille, c’est à dire ce qui fixe le cadre de ces contraintes, doit être écarté du destin de l’individu. Il a le droit de divorcer. Il a le droit d’aller où il veut. Il a le droit de ne pas faire d’enfants. D’en avoir avec plusieurs autres parents. D’en éduquer qui ne soient pas les siens.
L’enfant doit être pris en charge même s’il n’a pas de famille. Il est pris en charge par l’état à la moindre défaillance des parents. Il doit pouvoir aller à l’école quelle que soit la richesse de sa famille. L’école doit tenir compte des différences entre le niveau scolaires des familles.
La sexualité, devient rapport sexuel qui peut être vécu pour le plaisir, indépendamment de toute préoccupation. La république dit qu’on peut voir qui on veut sans compte à rendre à l’espèce, à la famille, aux virus.
Seulement, ça pose un tas de problèmes liés aux religions: René Girard dira oui, ça va créer des conflits, ça va créer des problèmes techniques, ça va créer des contagions et surtout, un risque d’arrêt de la reproduction des hommes. Bref, des paralysies sociales, à cause des conflits. Des paralysies spatiales, à cause des embouteillages. Des paralysies temporelles, à cause du vieillissement d’une espèce qui ne meurt plus sans ce reproduire.
On peut déduire de Girard la formule suivante: la religion n’est pas contre le républicain. Le laïc n’est pas le contraire du religieux. Le règne de la loi ne s’oppose pas au règne de Dieu. Dieu (celui des victimes) révèle et rend possible avènement du légal, du laïc, de la république. Il révèle en même temps le problème qui est lié à la prise en charge par l’homme de son autonomie par rapport à la sexualité.